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Catégorie : Amphibiens



Portrait de famille

Portrait de famille...LES BUFONIDES

Par Vincent Noël

Repto-Terra club de Strasbourg

Tél. 03 88 93 86 06 (soir ou Dim.)

Dans l’ordre des anoures je demande les Crooa...pauds ! Souvent rebutés se sont d’intéressants compagnons de terrarium ou de balade en forêt.

Quelle classe !

La classe des reptiles a pour voisin celle des amphibiens assez proche du point de vue chronologique mais très différents du point de vue biologique. Les amphibiens sont apparus il y a 350 millions d’année et ont vite évolué vers les reptiles. Aujourd’hui il ne nous reste que de petits représentants des premiers vertébrés a avoir poser le pied sur la terre ferme. Les amphibiens ne possèdent pas une peau à l’instar des reptiles ou des mammifères. Leur tégument est en fait une muqueuse et donc elle n’est pas étanche, celle-ci doit donc être recouverte en permanence d’un liquide qui évite le dessèchement, mais ce liquide lui-même s’évapore (moins vite que l’eau car il est visqueux) ce qui fait que les amphibiens sont irrémédiablement dépendant de l’eau environnante, les reptiles résolurent le problème en inventant les écailles, sous forme de cellules du derme remplie de keratine (matière qui compose nos ongles par exemple) alors que chez les poissons les écailles sont des excroissantes osseuses qui ne servent que de cuirasse et non de protection contre la déshydratation.

Les amphibiens pondent pour la plupart des œufs, mais ces œufs ne donnent pas des petits amphibiens formés, ils passent par une métamorphose. Métamorphose qui chez les reptiles comme chez les oiseaux et les mammifères placentaires (contraire des marsupiaux) se fait dans l’œuf ou dans l’utérus.

Dans l’ordre !

La classe des amphibiens possède trois sous-ordres : les apodes (les cécilies, version amphibienne de l’orvet), les anoures et les urodèles. Les urodèles rassemblent les salamandres et les tritons, ressemblants à nos lézards ils leur donnèrent une réputation d’animal visqueux, mais comme nous le savons tous les lézards ont une peau parfaitement sèche. Les Anoures rassemblent les crapauds et les grenouilles, amphibiens quadrupèdes mais sans queue et aux pattes arrières très longues et avancées vers l’avant du corps.

Les anoures comptent 2600 espèces contre 400 espèces d’urodèles, il en existe de toutes tailles, de 1 à 25 cm, les plus colorées sont les dendrobatidés (grenouilles d’Amériques du sud très dangereuses) et les microhylidés.

Mais la famille qui nous intéresse ici se sont les vilains crapauds : Ils sont regroupés dans la famille des bufonidés, seuls les représentants de cette famille peuvent porter le titre de " crapauds " mais cette appellation est très vague comme tous les noms communs, en effet d’autres anoures comme la grenouille cornue (Ceratophrys) ou le crapaud accoucheur (Alytes obstreticans) sont appelés crapauds à cause de leur ressemblance, il en est de même pour un Iguanidé ! ! ! Les lézards du genre Phrynosoma sont appelés crapauds cornus car leur corps est rugueux et compressé, mais c’est bel et bien un reptile. Même des mammifères sont appelés crapauds, ne dit-on pas que " les fachos sont la pire race avec les crapauds " ?

Cette phrase montre bien que dans nôtre imaginaire les crapauds sont mal vus, souvent ingrédient de la gastronomie satanique, moches et pustuleux on évite en général de les toucher. Il est vrai que leurs glandes cutanées diffusent un liquide toxique peu puissant mais suffisant pour irriter les yeux, les lèvres ou le nez par contact des doigts ayant toucher un crapaud. Ce " venin " est très peu toxique en fait, mais suffisamment repoussant pour décourager tout prédateur, demandez à vôtre chien s’il se souvient de la dernière fois qu’il a croquer un crapaud. Sûr qu’il s’en souvient ! Et pour cause, le mauvais souvenir que cela laisse sauve nôtre batracien. D’ailleurs certains crapauds d’Amérique centrale font planer ! Leur sécrétions sont de puissants narcotiques au même titre que nos psylos ou que le Lofofora (un cactus) et beaucoup plus puissant et hallucinogène que les herbes de Provence qui rendent nigaud !

Les bufonidés regroupe 250 espèces dont 200 appartiennent au seul genre Bufo. Seuls quelques détails anatomiques et surtout au niveau du squelette peuvent différencier un crapaud d’une grenouille, toutefois sachez que les bufonidés sont dépourvus de dents, ils sont en général assez " bouffis ", leurs glandes cutanées sont très apparentes et que les mâles possèdent un organe de Bidder (ovaire rudimentaire).

On trouve des crapauds sur les cinq continents sauf à Madagascar, en Australie et sur certaines Iles du Pacifiques. Toutefois en Australie l’espèce Bufo marinus fut introduite pour dératiser et manger les chenilles des cultures, se fut un échec car il préfère les habitation humaines et leur cafards ainsi que les petits animaux indigènes (grenouilles, lézards) au lieu des champs de maïs.

Ils sont en général terrestres et nocturnes. On en trouve dans des régions assez arides comme le crapaud buffle qui s’enterre presque toute l’année attendant les pluies. Ovipare et pondant dans les mares, les crapauds forment en général des rubans d’œufs que l’on peut apercevoir dans nos mares au printemps. Nectophryne occidentalis met au monde des petits crapauds déjà formés alors que les autres espèces du genre pondent leurs œufs hors de l’eau, les têtards ne vivent pas dans l’eau mais dans le liquide qui constitue les œufs, fait moins rare qu’on ne pourrait le penser chez les grenouilles.

La vilaine grosse bête !

Bufo bufo est le plus connu des crapauds, c’est le crapaud commun, brun et aux pattes de bulldog qui sautille dans nos forêts, nos marais, nos jardins et malheureusement pour lui sur nos routes. Le crapaud commun mesure entre 10 et 15 cm, la femelle est plus grosse que le mâle comme chez beaucoup d’anoures. Chaque année il retourne vers le point d’eau dans lequel il passa son enfance de têtard pour se reproduire, attirant sa femelle par son coassement. Il est facile de le trouver au printemps près des mares, en été on le trouvera sous les pierres et les souches de la forêt, ou se promenant à découvert une fois la nuit tombée. Il es très facile à maintenir, mais il est protégé ! Dommage c’est un animal fidèle à son petit lit douillet et certaines personnes le conservent dans un terrarium ouvert dans une grange dans lequel il s’abrite en journée et qu’il quitte pour se nourrir le soir, nous débarrassant des insectes indésirables. Confiant il perd vite sa mauvaise habitude d’uriner sur celui qui le saisi et aime même les gratouilles ! Mais obligation de se laver les mains après avoir manipuler tout crapaud !

Le crapaud vert (Bufo viridis) vit dans nôtre région et dans les Ardennes. C’est une espèce rare ressemblant à Bufo calamita mais dont les taches dorsales sont plus vertes et de taille plus modeste. Bufo calamita fréquentre souvent les marais de roseaux de toute l’Europe.

Le plus gros crapaud du monde reste Bufo blombergi qui dépasse 25 cm. Cette espèces souvent très colorée mais rare dans le commerce ne fut découverte qu’en 1959 dans les forêts de Colombie. Son cousin Bufo marinus est une véritable poubelle ingurgitant tout sur son passage du moment que ça bouge, du grillon au rat. Un animal presque aussi gros que lui ne lui fait pas peur, même venimeux comme les scorpions. Bufo marinus est fréquent en terrarium, importé d’Amérique du sud il est souvent très parasité, un déparasitage est donc nécessaire. Il atteint 20 cm et ne peut être logé qu‘avec des animaux de même taille dans un terrarium chauffé à 25°C et au taux d’humidité avoisinant les 80%. Comme tous ces congénères c’est un glouton à la croissance spectaculaire tant que le nourriture abonde.

Bufo regularis ne mesure que 10 cm et ressemble beaucoup à nôtre crapaud national, on peut le nourrir de grillons, de blattes et de jeunes souris. La maintenance est la même que pour Bufo marinus. Une autre espèce similaire mais moins éxigente coté hygrométrie (60 à 70% suffisent) c’est Bufo mauritanicus qui fréquente les savanes du nord de l’Afrique. Il mesure 12 à 16 cm, très massif il est vert pâle parsemé de taches brunes ou ocre. Mais cette coloration paraît bien pâle au vu de la coloration de Bufo retiformis, originaire du Sonora (Mexique), ce crapaud ressemble au crapaud vert mais il est bien plus trapu et se trouve plus difficilement dans le commerce.

Tous ces animaux ont un défaut : Les mâles chantent, donc il faut les mettre dans un endroit loin des chambres à coucher sinon bonjour le conceret printannier ! Ceci dit les crapauds n’exigent pas beaucoup de place (un terrarium de 60 cm pour un Bufo marinus et 40 cm pour un Bufo regularis et ils s’avèrent facile à apprivoiser.

Les crapauds chassent à l’affût, sus une souche ou des mousses ils attendent qu’un insecte infortuné ne croise leur chemin et d’un coup de langue collante il l’ingurgitent. La nuit en revanche ils n’hésitent pas à se promener là où la faim les y pousse.

Les crapauds sont d’intéressants compagnons pour le terrariophile, et puis ça change des serpents ou des lézards ! Leur prix est généralement abordable mais ce sont la plupart du temps des animaux prélevés dans la nature, en effet la reproduction en captivité et surtout l’élevage des larves est assez difficile et rebute de nombreux amateurs. Toutefois la métamorphose de ses animaux est des plus instructive.

 

 


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