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Catégorie : Lézards



Basiliscus plumifrons

Robin des Bois, Princes des voleurs...sur l’eau !

Basiliscus plumifrons Cope

Par Vincent Noël

Repto-Terra club de Strasbourg

Tél. 03 88 93 86 06 (soir ou Dim.)

 

On ne peut ne pas remarquer un Basilic vert quand nos yeux le croisent, son allure fière, sa couleur verte éclatante et sa grande crête font de cet Iguanidé un lézard " tape à l’œil " !

Ce lézard fait partie d’une très grande famille, celle des iguanidés qui regroupe plus de 700 espèces, on ne trouve ( à quelques exceptions près) les membres de cette famille que sur le continent américain. Basiliscus plumifrons vit sur les branches maîtresses des arbres de la forêt tropicale d’Amérique centrale. Plus précisément, son aire de répartition comprend quatre pays : Le Panama, le Nicaragua, le Honduras et le Costa Rica. Ce n’est pas la plus grande espèce du genre, Basiliscus basiliscus atteint 90 cm, son aire de répartition est plus large mais on le trouve moins fréquemment en terrarium, la coloration de Basiliscus basiliscus est peu attrayante par rapport à son cousin, en effet il possède une robe brune quasi uniforme. Basiliscus vittatus ne possède pas non plus une robe très brillante, ressemblant à B. basiliscus, mais sa taille modeste (50 à 60 cm) en fait un lézard plus fréquent dans les animaleries. Quant à B. plumifrons, il mesure jusqu’à 70 cm, ce n’est pas un très grand lézard et de ce fait trop de terrariophiles ignorant les réels besoins de ces animaux un peu particuliers les maintiennent dans des terrariums trop exigus. Nous verrons plus tard que la nervosité des Basilics nécessite la construction d’un terrarium de taille conséquente.

Le corps de B. plumifrons ressemble au type même du lézard arboricole : Pattes arrières très longues et musclées, queue longue et fine représentant les deux tiers de la longueur totale du lézard, des doigts très allongés munis de longues griffes, un corps assez fin et une tête bien distincte du corps. Les mâles Basilics vert possèdent une grande crête partant d’entre les yeux et formant un triangle au début de la nuque. Cette crête peut dépasser 6 cm de haut. Le dos est parcouru par une seconde crête très haute formant un long éventail et cesse au début de la queue pour laisser place à une troisième crête le long de la première moitié de la queue. Chez les femelles, seule un petit appendice sur l’arrière de la tête et sur le dos est visible, ce qui rend la distinction sexuelle facile chez des sujets sub-adultes.

La coloration est uniformément verte, passant parfois au bleuté et ce, on suppose, pour des raisons nutritionnelles. L’œil est jaune et la pupille ronde et noire contraste avec le reste du corps plus " pastel ", lorsque le Basilic les tient grands ouverts, en pleine forêt, en dirigeant sa torche sur son regard, entre les feuilles des arbres, on croirait voir un fantôme !

Miracle ! Il marche sur l’eau !

Soudain, il se leva, et devant les autres ébaillis il marcha sur l’eau, debout tel Jésus. Le seul " hic " c’est que c’est nôtre Basilic qui marche sur le liquide et non un homme, comble de la déception de ne pas se voir canonisé, ce n’est pas un miracle ! En effet, nôtre Iguanidé à l’aide de ses deux pattes arrières, en station debout et du fait de sa vitesse (12 Km/heures), sa légèreté et surtout la physionomie de ses doigts qui " coincent " des bulles d’air entre la plante des doigts et l’eau lorsqu’il la touche, peut courir sur la surface de l’eau pour fuir d’éventuels prédateurs. Cette faculté a fait jaillir de l’esprit des indiens de nombreuses croyances : Fantôme, esprit des anciens, messager des Dieux... Et là encore déception, ce n’est qu’un reptile, un lézard comme il y en a tant et qui nous rappel un Agamidé vivant dans les savanes australiennes, ressemblant quelque peu aux Basilics, j’ai nommé Chlamydosaurus kingii, le lézard à colerette. Il est évident que pour " planer " de la sorte, les Basilics aient besoin de beaucoup d’élan et d’une grande surface d’eau, donc ce comportement est impossible à observer en terrarium, du moins à l’échelle de l’amateur.

Mais un tel comportement de fuite montre que nôtre animal est très nerveux, et c’est ce qui conditionne toute sa maintenance en terrarium. Apeuré, le Basilic fuit droit devant lui, et si une vitre se trouve sur son chemin il s’y heurtera avec des conséquences évidentes : Blessures, fractures et déformations du museau, bref un Buster Keaton à écailles ! Diurne il passe bon nombre d’heures à lézarder sur son perchoir ou à draguer dès qu’une femelle se perd dans son quartier. Ce n’est pas un très grand actif mais ces départs fulgurants et son irritabilité font qu’il faut faire attention, les premiers mois du moins, lorsqu’on s’en approche.

Se sentir en sécurité...

En théorie un tel animal peut vivre dans un terrarium de 120 cm de long sur 150 cm de haut et 80 cm de large, mais on considère qu’en dessous de 150 cm de long sur 160 cm de haut sur 100 cm de profondeur, on ne peut espérer conserver un couple dans de bonne conditions. 200 cm de long sur 200 cm de haut et 100 cm de large reste la taille idéale.

En aucun cas les vitres latérales resteront transparentes, car visuellement le lézard croira avoir le champ libre pour courir et butera contre les parois. Des plantes (fausses, les vraies seront détruites) hautes et touffues (faux yucca, philodendron ou ficus benjamina) seront placées sur les cotés pour qu’il s’y réfugie en cas de panique. En règle général le terrarium doit inspirer confiance, pour que le lézard se sente en sécurité, on le placera donc en hauteur, ainsi il pourra toiser la pièce et ceux qui s’y agitent. En début d’acclimatation, certains terrariophiles placent devant la vitre frontale (coulissante bien sûr) un rideau pour éviter un choc à chaque passage dans la pièce, toutefois, s’habituant à la présence humaine, les Basilics verts se calmeront vite et au bout de quelques mois, on pourra travailler dans le terrarium sans que nôtre lézard ne s’affole frénétiquement. Néanmoins, il restera sur ses gardes, et ceux qui veulent un lézard " cool " et facile à manipuler devront attendre un article sur l‘Agame aquatique (Physignatus concincinus) !

Ses moeurs arboricoles impliquent que l’on dispose des branches, assez grosses, dans le terrarium. L’une d’entre elle, horizontale et placée sous le point chaud servira de perchoir principal. Sous ce point chaud, éclairé par un spot Infra-rouge, une lampe céramique ou une ampoule HQI*, la température atteindra 32 à 35°C. La température ambiante se situera entre 27 et 30°C et peut être maintenue par des câbles chauffants ou une ampoule en céramique placée au centre du terrarium et branchée sur un thermostat.

L’humidité, entretenue par des pulvérisations et un bac d’eau important, atteindra 70%. Le bac d’eau sert en outre aux bains des Basilics qui y plongent volontiers en cas de danger ou pour s’abreuver, d’ailleurs dans la nature ils se positionnent la plupart du temps au dessus d’un point d’eau. Il va de soi que cette eau restera propre, d’autant plus que ces lézards ont souvent l’habitude d’y faire leur besoins, un filtre intérieur pour aquarium permettra de maintenir l’eau claire et de créer un certain courant évitant la disgracieuse pellicule bactérienne flottant à la surface. Ce bac sera vidangé le plus souvent possible, tous les jours si sa taille le permet, le filtre est alors superflu, sinon, un nettoyage hebdomadaire est envisagé, une épuisette servira à retirer les grosses déjections que le filtre ne peut " digérer ".

Quant au sol il pourra être garni d’écorces de pin, de tourbe ou laissé nu. Cette troisième solution à l’avantage d’empêcher que les proies tel que les grillons et les blattes ne s’enterrent et ne sortant que la nuit, se retrouvent hors de portée de nôtre lézard et viennent à se multiplier. En revanche il demande un plus grand entretien et retient mal l’humidité ayant tendance à créer des flaques. Le gazon synthétique reste alors le meilleur substrat pour ce sol nu, le journal étant peu esthétique même s’il reste le plus hygiénique à condition d’être renouvelé fréquemment.

Il est évident que deux mâles ne peuvent cohabiter dans un même terrarium, on conseille par ailleurs, si la place le permet de constituer un trio car le mâle s’avère très entreprenant lors de la période de reproduction. Il arrive souvent des accidents lorsqu’on place un mâle avec une femelle trop jeune (moins de deux ans), en effet celui-ci est plus précoce et s’accouplera avec la femelle qui encore immature risquera de faire une rétention d’œufs souvent mortelle. On conseille donc de séparer mâles et femelles jusqu’à leur deuxième année ou bien si on est observateur, retirer le mâle quand il se fait trop entreprenant, cela ne dure qu’une saison.

Comme nous le répétons souvent, l’acquisition de jeunes nés en captivité facilite l’acclimatation. On les place dans un grand terrarium de 100 cm de long sur 100 à 120 cm de haut, puis quelques mois plus tard on les introduits dans le terrarium définitifs, ils seront assez débrouillards pour chasser les proies perdus dans cette immensité artificielle et s’habitueront à cet espace qui sera le leur toute leur vie, la panique d’un jeune pouvant plus facilement se cacher n’aura pas de conséquences fâcheuses pour sa santé, adultes il saura trouver ses marques et une certaine confiance en son soigneur. En vertu du conseil donné plus haut concernant les accouplements prématurés, on peut placer un grillage séparant le terrarium en deux afin que les lézards se voient, observent l’autre coté de la barrière sans que le mâle ne pourchasse la (les) femelle, ou bien encore prévoir un terrarium de quarantaine quand le mâle, durant sa deuxième année, agresse les femelles. Il va sans dire qu’après cette deuxième année délicate, en aucun cas on ne voudrait empêcher nos tourtereaux de roucouler à la reptilienne et qu’ils fassent de nombreux petits œufs.

Gargantua peint en vert.

L’alimentation du Basilic vert sera composée de petits et gros insectes et de petits vertébrés. Les jeunes mangent des grillons, des jeunes criquets et des vers de farine (à saupoudrer de Calcium !). Puis peu à peu ils se nourriront de souriceaux et de blattes de différents stades. Les adultes mangent des jeunes souris, des criquets adultes (ayant l’avantage d’être diurne et arboricoles eux aussi), de grillons, de blattes géantes (excellente nourriture) et de vers de farine géants bien supérieurs en qualité nutritive que leur cousin européen dont nous ne conseillons l’utilisation qu’en cas de dépannage, lorsqu’on a plus rien à offrir vu que ces larves se maintiennent des mois au réfrigérateur. Ce sont de gros mangeurs et la difficulté d’approvisionnement et le coût de la nourriture vivante est bien sûr un facteur primordial à prendre en compte lors de l’acquisition d’un grand insectivore.

La littérature montre souvent B. plumifrons comme un lézard partiellement végétarien et surtout frugivore. Cette habitude se perd en terrarium, peut-être ne trouvent-ils pas les végétaux ou fruits qui les attirent dans la nature. Toutefois on mélangera aux larves ou aux souriceaux des carrés de poire, pomme, de fruits rouges, d’agrumes, de banane... ainsi que des fleurs et des végétaux tel que la mâche, la luzerne, le trèfle, les épinards... L’absence de certaines substances végétales donnerait une coloration bleuté à certains Basilics vert élevés longtemps en terrarium, certains éleveurs se refusent à compléter l’alimentation de leur animaux avec des végétaux pour obtenir cette couleur, mais n’est-ce pas préjudiciable à leur santé ? Devant le refus de certains individus à manger leur ration végétale, certains amateurs rusent en badigeonnant les proies de confiture ou de fruits broyés !

L’éternelle frustration du terrariophile est qu’il ne peut offrir à ces protéger une nourriture aussi varié quand dans la nature, cette carence doit être compensée, en captivité, par de la nourriture riche et complète, pour les Basilics adultes ça ne pose pas trop de problèmes puisque les jeunes souris et rats sont considérés comme une nourriture de très bonne qualité, mais pour les jeunes le problèmes est plus délicat, il faut donc veiller à ce que les proies aient mangées elles même des aliments de qualité, si les proies sont bien nourries, on peut se passer de rajouts vitaminés (pouvant créer des surdoses et donc des problèmes reinaux), toutefois le calcium reste primordial, l’excès étant vite éliminé. La vitaminé D3 n’est synthétisée qu’en présence d’UV de type B, fournis par les tubes fluorescents. Bref la recette d’une bonne alimentation résulte dans le saupoudrage de calcium sur des proies bien nourris, le tout arrosé d’UV. Par principe de précaution, chez les jeunes, on saupoudra les proies de vitamines en respectant les doses prescrite, ce qui n’est plus nécessaire chez les adultes bien nourris. Si on acquiert un sujet âgé de quelques semaines seulement, il faudra bien le surveiller durant sa première année et détecter le plus tôt possible tout signe de carence, mais le mieux reste de les éviter.

Bien sûr que ce soient des jeunes ou des adultes, on ne choisira que des individus en parfaite santé, l’œil vif et toujours sur le qui vive. Quand vous le saisissez (avec le plus de mal possible), on doit sentir sa force dans ses pattes. Chez un lézard connu pour être nerveux, peureux voire agressif, se laisser prendre en main facilement est un signe de mauvaise santé, en tout cas en début d’acclimatation, avec le temps il se calmera même si il est très difficile d’apprivoiser un Basilic comme on apprivoise un Iguane vert ou un Physignatus cocincinus. Pour vous montrer la sensibilité de nôtre lézard sachez qu’il y eu des cas, par stress intense, d’arrêts cardiaques ! ! !

Reproduction sous surveillance.

Comme je l’ai dit plus haut, un danger guette la femelle si elle est accouplée trop jeune, mais ce cap franchi, la reproduction de Basiliscus plumifrons, ne pose guère de difficultés, sauf peut-être sa discrétion car les accouplements sont brefs et rarement observés, en vertu de sa permanente méfiance. Les pontes sont tout aussi discrètes et leur lieu échappe parfois à l’œil du terrariophile qui a pour seul indice la perte d’embonpoint de la femelle.

Il semble que les reproduction aient plus de chance d’aboutir si on recrée une saison des pluies avec une légère baisse de température (2 ou 3 degrés) et une augmentation de l’hygrométrie (80 à 90%) obtenu par des pulvérisation bi-journalières. Si vous avez la chance de surprendre les ébats de vos Basilics, vous constaterez qu’il ne sont pas particulièrement violents même si le mâle saisie avec sa gueule la nuque de la femelle. Celle-ci ne se rebellera pas, soulevant sa queue elle laissera le champ libre aux ardeur de monsieur, toutefois si elle est réticente, le mâle la lâchera et recommencera un peu plus tard. Pour éviter d’épuiser la femelle il est judicieux d’en mettre une deuxième dans le terrarium, la constitution d’un harem est, chez beaucoup de lézards, une parade à l’ardeur des mâles. Si la place ne le permet pas, il faudra prévoir un terrarium de quarantaine pour le mâle lorsqu’on constatera que la femelle est épuisée, apathique ou amaigrie. Mais ce sont tout de même des cas assez rares.

Environ quatre à six semaines après l’accouplement, la femelle prend de l’embonpoint, sont appétit diminue, et c’est parfois le seul moment où l’on peut se dire qu’il y a bel et bien eu un accouplement car ce n’est pas parce que " Môssieu " se prend pour Jésus que madame pratique l’immaculée conception ! Durant cette période, les mâles peuvent perturber les femelle et provoquer un stress conduisant à une rétention d’œufs, il est alors conseiller de surveiller le mâle. Le moment de la ponte approchant, on retirera le bac d’eau car ce genre de lézard ont souvent la fâcheuse tendance de pondre dans l’eau, les œufs seront alors perdus.

Je suis sûr qu’une question vous bourdonne les neurones : S’il est nécessaire pour quelque raison d’attraper un de nos lascars, comment piéger un lézard aussi rapide ? Le fusil ou les grenades! (C’est une blague bien sûr) En fait il y a deux solutions : Soit on attend la nuit et on le saisi d’un coup (et d’un seul car sinon il faudra attendre la nuit prochaine) ou bien on place une boite sombre là où il a l’habitude de se cacher en cas de panique, une fois entré dans la boite on ferme la trappe et on le place dans le second terrarium. Eviter le filet, sinon prenez un filet à très fine mailles et suffisamment solides pour éviter que ses longs doigts ne s’emmêlent dans les cordes et qu’il ne se blesse. Une autre solution existe si l’on souhaite séparer mâle et femelles régulièrement (se qui augmente les chances d’accouplement, c’est connu : " le désir s’accroît quand l’effet se recule ", ça n’a rien à voir mais c’est juste pour le jeu de mot !), il faut alors concevoir son terrarium de façon à pouvoir le séparer en deux (deux tiers pour les femelles, un tiers pour le mâle) à l’aide d’une cloison, mais tous les accessoires devront, même à titre temporaire être présents des deux cotés : chauffage d’appoint, chauffage général, eau...

La ponte a lieu en général deux mois après l’accouplement, il y en a souvent plusieurs, comportant 8 à 16 œufs chacune. Certaines femelles excellent dans l’art de pondre dans un endroit bien caché. On place un récipient fermé mais pourvu d’un large trou d’accès à la place du bassin d’eau. Ce pondoir contiendra une épaisse couche de tourbe et de mousse ou plus hygiénique mais moins efficace, de la vermiculite bien humidifiée.. Si après l’excitation terrassière des jours précédents la ponte et le retour à des rondeurs plus habituelles vous n’avez rien trouver dans le pondoir il faudra fouiller le terrarium et ausculter le dessous des roches, dans les pots de fleurs... Comme chez tous les reptiles les œufs de Basilic vert ne doivent pas être secoués et encore moins retournés, il convient donc de les découvrir et de les sortir à la manière d’un archéologue trouvant une poterie égyptienne de l’ancien empire ! On marquera avec un crayon la face supérieure de l’œuf pour situer le haut et ne pas le retourner.

L’incubation artificielle se fera à une température de 29-30°C et à une humidité de 80-90%. Il faut vérifier la bonne santé des œufs et retirer les œufs jaunis, flétris ou moisis. La vermiculite humide voire du gravier fin sont les meilleurs substrat lors de l’incubation. La forte humidité ne doit pas occulter l’importance d’une bonne aération, par ailleurs il faut prendre garde à ce que les gouttes de condensation ne tombe pas sur les œufs.

L’incubation dure entre 60 et 70 jours, plusieurs jours peuvent séparer l’éclosion des petits d’une même portée mais ne doit pas excéder quatre jours, si c’est le cas on incisera les œufs retardataires pour vérifier s’il s’agit d’un mort né ou d’un fainéant. Le gonflement des œufs dans les dernières semaines est normal, ne vous affolez pas !

Les jeunes mesurent entre 11 et 13 cm, ces petites allumettes articulées sont bien sûr tout aussi nerveux que leur parents mais en beaucoup plus petits et donc plus fragiles. Leur premier repas sera offert trois jours après l’éclosion, on leur donnera des micro-grillons, des asticots, des mouches, des petits vers de farine... Un terrarium communautaire est envisageable, le sol sera nu et le décor simpliste car on doit pouvoir retirer les proies non consommées pour qu’elles ne s’attaquent pas aux lézards. Un terrarium individuel de 50 cm de long sur 40 de large et 40 cm de haut suffit pour un individu durant les premiers mois. Bien sûr les conditions de maintenance seront identiques à celle des adultes avec une rigueur plus accentuée à apporter sur la ration de calcium ainsi qu’à l’humidité car même avec un bac d’eau ces petits basilics se déshydrateront vite si l’air est sec : une hygrométrie de 80 à 90% est nécessaire les premier mois.

Bien nourris ils atteindront 35 cm à un an pour 40 grammes soit dix fois plus qu’à leur naissance, le terrarium grandira en conséquence et dès le sixième mois on surveillera les rapports de force chez les jeunes mâles. Par ailleurs notons que la robe des jeunes peut donner une mauvaise impression sur leur coloration future, en effet leur vert bleuté éclatant est masqué par des rayures verticales noires et un dos brun qui laissera place à la couleur adulte vers un an.

On peut dire que B. plumifrons est aussi fascinant que délicat. Cette délicatesse s’effacera devant le spectacle si les deux mamelles du bon élevage de cet Iguanidé sont respectées, à savoir : Espace et calme ! B. plumifrons s’avère alors robuste, il peut toutefois vite être la victime d’une gaffe ou d’un accident. Mais avoir un Dieu vivant, incarnation des esprit de la forêt, au milieu de son salon demande des sacrifices et certaines précautions. Ceux qui croient en la réincarnation diraient que c’est celle d’une divinité Aztèque, mais nous herpétologues rigoureux diront qu’il s’agit d’abord d’un magnifique lézard !

* : HQI : Lampes halogènes de forte puissances (150, 250, 400 W...) utilisées en aquariophilie récifale et dégageant beaucoup de chaleur et d’UV, donc utilisables pour les grands terrariums.


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